Pièces de Marguerite de Navarre

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Pièces de Marguerite de Navarre

publiées dans Théâtre de femmes de l’Ancien Régime, vol. 1, XVIe s., 2007.
Édition : Nancy Erickson-Bouzrara, Catherine Masson, avec la collab. d’Aurore Evain.
Direction : A. Evain, P. Gethner & H. Goldwyn.

Sur Marguerite de Navarre et son théâtre

 

L’Inquisiteur

(farce, vers 1535)

Introduction : « Cette pièce est sans doute la première écrite par la reine de Navarre et c’est aussi l’une des plus originales. Les allusions aux affaires du temps la situent autour de 1535-1536, dans le contexte des persécutions subies par les Réformés après l’affaire des Placards. Elle est une critique non voilée des pratiques inquisitoriales de l’Église catholique et de la répression que subirent de nombreux protégés de Marguerite, en particulier Clément Marot, auquel les noms des enfants font écho (…) »

Sujet : « Alors que l’inquisiteur, docteur de la Sorbonne et représentant du savoir, se perd dans les formules de rhétorique et se montre adepte des conversions forcées, les enfants chantent des psaumes et révèlent leur profonde connivence avec les Évangiles : au langage de la séduction et de la manipulation du théologien, ils opposent celui de l’innocence et de la foi sincère. »

Avis : « Les dialogues de Marguerite de Navarre sont vifs, alertes, pleins d’humour et de sous-entendus, et son appel à résister au dogmatisme et à l’intolérance résonne aujourd’hui avec une étonnante profondeur. »

Extrait : scènes 1-2.

 

Le Malade

(farce, vers 1536 ?)

Introduction : « (…) Un malade est tiraillé entre une épouse superstitieuse et un médecin dogmatique. Éclairé par sa servante, il prend conscience que sa maladie n’est pas seulement physique et que la foi en Dieu est salvatrice. Le thème de la maladie, symbole du péché, permet à la reine de Navarre de faire le lien entre la médecine et l’Église, autour de la question du contrôle de la vie et de la mort. À travers le personnage d’un médecin au discours opaque, Diafoirus avant la lettre, Marguerite renvoie dos à dos les savoirs officiels, ceux de la médecine comme ceux de l’Église, qui s’entendent d’ailleurs pour prôner les mêmes remèdes inutiles (…) »

Extrait : scènes 1-3.

 

Trop, Prou, Preu, Moins

(farce, avant 1547)

Introduction : « (…) Le thème de la dissimulation, opposé à la quête de la révélation, est au cœur de cette pièce qui met en scène quatre personnages allégoriques et joue constamment sur les sous-entendus, les équivoques et les énigmes. Il permet ainsi à l’autrice de revenir sur le thème des apparences trompeuses : la vraie sagesse n’est pas là où on la croit, et l’accès à la vraie foi, garante d’un bonheur simple et joyeux, ne dépend pas des richesses et pouvoirs matériels.(…) »

Extrait : scène 3.

 

Comédie des quatre femmes

(vers 1542 ?)

Introduction : « Marguerite de Navarre reprend dans cette pièce le thème populaire des difficultés de la vie conjugale, sujet de prédilection de nombreuses œuvres médiévales et très présent dans sa propre production. Quatre femmes évoquent ainsi les inconvénients de l’amour et du mariage. La première s’interdit d’aimer afin de rester libre ; la seconde pense que seul l’amour procure la liberté. La troisième, bien qu’aimante et fidèle, est en butte à un mari jaloux. La dernière est rongée de jalousie, car son mari aime ailleurs. Une Vieille les écoute, mais ne donne raison à aucune (…) »
Extrait : scène 4.

 

Comédie des Parfaits amants

(vers 1542 ?)

Introduction : « (…) Inspiré de la tradition romanesque et folklorique, mais teinté de néoplatonisme, ce divertissement mondain sur la quête de l’amour reprend un thème largement débattu dans l’Heptaméron, celui des « parfaits amants ». La femme qui en est l’héroïne, et qui malgré son âge n’a jamais connu une telle relation, souhaite couronner de son chapeau la personne amoureuse la plus loyale et la plus honnête. Mais aucune des trois filles qui croient le mériter ne correspond à l’idée qu’elle se fait du parfait amour (…) »

Extrait : scène 1.

 

Comédie de Mont-de-Marsan

(vers 1542 ?)

Introduction : « Le titre original qui figure sur le manuscrit permet de dater la représentation au jour de mardi gras 1548 de notre calendrier. En route vers son royaume, Marguerite de Navarre a pris prétexte des festivités pour mettre à nouveau en scène quatre types de femmes : la Mondaine, matérialiste et coquette, est attachée à son corps et aux plaisirs terrestres ; la Superstitieuse, à l’inverse, est une dévote toute acquise à la religion, mais dont les pratiques relèvent davantage de la bigoterie ; de son côté, la Sage est une femme de raison, qui se pose en arbitre du débat humaniste dans lequel se sont engagées les deux premières, autour de l’être et du paraître. Enfin, la Ravie de l’amour de Dieu est une simple bergère : affranchie des apparences et des codes sociaux ou moraux, elle est habitée d’un amour pur et innocent qui la mène au ravissement (…) »

Extrait : scènes 1-2.

 

Comédie de La Nativité de Jésus-Christ et Comédie du Désert

(vers 1542 ?)

Introduction : « (…) Les comédies bibliques sont l’exégèse pratiquée par Marguerite, une exégèse qui s’enrichit du support visuel de la représentation – c’est en cela que son théâtre apparaît souvent comme allégorique –, et du support oral – qui donne ainsi naissance à un lyrisme incantatoire, quasi opératique. Non contente d’avoir favorisé l’édition du Nouveau Testament en français, Marguerite a donc choisi de vulgariser les Évangiles grâce au théâtre. Le texte dramatique devient à la fois outil de réflexion, de méditation et de diffusion (…) »

Extrait de La Nativité.

Extrait du Désert