Pièces de Catherine Des Roches

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Pièces de Catherine Des Roches

publiées dans Théâtre des femmes de l’Ancien Régime, vol. 1, XVIe s., 2007.
Direction : A. Evain, P. Gethner & H. Goldwyn.
Édition : Éliane Viennot.

Sur Catherine Des Roches et son théâtre

Tobie

(tragi-comédie, 1579)

Introduction à Tobie : « Ce texte s’inspire du Livre de Tobie (ou Tobit), texte apocryphe retenu dans la Vulgate mais rejeté des Bibles hébraïque et protestante. (…) Ce n’est manifestement pas le message religieux, du reste bien maigre, qui a motivé l’écrivaine, même si elle s’inscrit dans le regain d’intérêt des dramaturges catholiques pour les thèmes bibliques, caractéristique des années 1580, où germe l’influence de la Contre-Réforme. Dans ce bref récit centré sur une histoire familiale et à visée édifiante (comment se comporter envers ses parents et ses morts), c’est l’enseignement « féministe » qui l’a retenue : l’histoire des sept maris de Sarra, terrassés l’un après l’autre par un esprit malin parce que seul leur importe son corps, tandis que le huitième en triomphe, parce qu’il la respecte (…) »
Extrait : acte III, 3-5.

 

Bergerie

(farce, vers 1580)

Introduction à la Bergerie : « (…) La bergerie de Catherine Des Roches illustre parfaitement cet art du « second degré » par excellence. Contemporaine d’autres pastorales majeures, comme l’Aminta du Tasse (représentée à la cour d’Isabelle d’Este en 1573, traduite vers 1581 et jouée dans le cercle de Marguerite de Valois, elle a certainement été mise en scène dans le salon qu’elle tenait avec sa mère à Poitiers, où le goût de la pastorale avait été introduit dès 1555 par Vauquelin de la Fresnaye. Le sourire et la réflexivité y dominent, depuis la dédicace à sa co-autrice jusqu’aux derniers vers, qui renvoient à un dialogue publié en 1579. Bien mieux que dans ce dialogue, toutefois, Catherine Des Roches traite ici de l’amour, dont différentes conceptions sont incarnées par les six personnages (…) »
Extrait : scène 1.

 

Dialogues de Placide et Sévère et d’Iris et Pasithée

(dialogues, 1581-82)

Introduction aux Dialogues de Placide et Sévère / Iris et Pasithée :« Ces deux dialogues, parus à la suite l’un de l’autre, forment ensemble une petite pièce qui pourrait s’appeler : Iris et Pasithée, ou comment la vertu vient aux filles. Leur titre les inscrit dans le dialogue, apparenté depuis l’Antiquité à la famille des genres pédagogiques. La disposition dialogique recelait des potentialités dramaturgiques que les auteurs exploitaient ou non, dans des œuvres aux titres variés (dialogues, débats, moralités…). Les huit pièces que Catherine Des Roches a intitulées « dialogues » illustrent cette plasticité – et l’évolution de l’écrivaine. Les six premiers, publiés en 1578, relèvent de l’exposition d’une « thèse » ; leurs personnages sont pour la plupart des allégories, et ils n’ont entre eux que des liens formels . En revanche, les deux dialogues plus tardifs que nous publions ici ont une unité d’intrigue, leurs échanges relèvent de la conversation, et leurs personnages ont une profondeur psychologique certaine (…) »
Extrait de Placide et Sévère.
Extrait de Iris et Pasithée.


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